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Histoire de l’OUSCRAPIE

L’Encyclépodie d’Ouscrapie est une édition créée par Bertrand Boulanger ayant des airs de dictionnaire. C’est-à-dire qu‘elle rassemble 434 définitions de mots inventés lors des parties d’Ouscrapo (OUvroir de SCRAbbologie POétique) ; définitions qui sont, elles aussi, inventées lors des ces sortes de « parties de scrabble » géantes, ouvertes au public ; comme illustrées sur la couverture :

LE JOEU D’OUSCRAPO

Ces parties d’Ouscrapo durent à peu près 45 min et sont jouées dans des festivals de rue, de poésie, des salon du livre, des braderies, des fêtes de village, mais aussi en Service Pénitentiaire ou en hôpitaux psychiatrique et maisons de retraite.

Ce jeu plonge les participants dans un univers très particulier dès le début. Ils sont d’ailleurs, entre autre, appelés jargonautes. Il y a donc 7 joueurs répartis en 3 équipes de 2 plus Bertrand Boulanger : « l’aiguilleur de jeu », l’alchimistrateur. Ces équipes sont appelées pour l’occasion : GA, BU, ZO et MEU (MEU étant Bertrand Boulanger). Le terme d’alchimistrateur est tiré d’un des mots inventés lors de cette saison GA, à savoir : alchimistratif qui désigne l’ « art de chercher des solutions poétiques … autour et à l’intérieur de soi. » Son rôle est donc de « guider les joueurs avec humour et curiosité, pour que la partie se déroule poétiquement, à l’abri des lieux communs de la vulgaire compétitivité et afin que chacun se sente investi du rôle d’alchimistrateur potentiel » ; comme décrit dans les règles du jeu, page 11 de l’édition.

Le déroulement du jeu est assez proche d’une partie de scrabble traditionnelle. Mais certains éléments très importants n’ont, ici, aucune importance, comme par exemple les points. Les joueurs piochent donc leurs 7 lettres et ont du temps pour former un mot. La seule règle à ce niveau là est que « le mot est considéré valide s’il est articulable autant avec la bouche qu’avec l’esprit ». Après cela, ils peuvent en inventer la définition, qu’il note sur papier, et qu’il présente à tout le monde lorsque c’est à son tour de placer ce nouveau mot sur le tableau.

« Si un joueur trouve un mot qui lui convient mais sans sa définition, les autres joueurs, ou le public pourra lui en proposer une » ou s’il « a du mal à être en relation direct et intime avec son imaginaire devant tout le monde », son coéquipier peut prendre le relai. La partie s’achève par le ramassage des définitions.

Pour ce qui est de l’âge minimum requis pour participer, Bertrand Boulanger a noté dans son édition : « L’âge minimum requis d’un joueur est en relation avec sa capacité à pouvoir prendre du plaisir dans l’ébouriffage alphabétique immédiat, quelles que soient ses difficultés avec la langue, ses degré de connaissances ou sa confiance envers son imagination ».

L’ENCYCLÉPODIE D’OUSCRAPIE

Bertrand Boulanger a donc repris les définitions inventées lors de cette saison de jeu, pour les rassembler dans cette édition, à la manière d’un dictionnaire illustré, d’une encyclopédie illustrée. Il a ensuite contacté différent.e.s illustrateur.trice.s pour qu’ils.elles créent une image de ces mots ; mots qui ont été choisis par ceux-ci dans le but que « l’ouvrage respire et qu’il invite différentes régions du cerveau mais aussi qu’il soit reçu par les plus bourgeonnants d’entre nous (3 ans et demi, par exemple) mais aussi par les plus mûres (94 ans et demi), par exemple ». Ces illustrations ont été placées à la fin de l’ouvrage sous forme d’autocollants à replacer « selon l’intuition » du lecteur dans les cases prévues à cet effet.

Ceci dit, cette édition-ci est le résultat de la saison de jeu « GA » (comme indiqué sur la tranche de l’ouvrage), une deuxième saison : « BU » a commencé le 1er avril 2016 (date de parution des 1000 premiers exemplaires de cette édition), mais quelque peu différente de la première saison. C’est-à-dire qu’ici, les illustrations des définitions inventées n’ont pas été créées par des illustrateur.trice.s, mais sont directement réalisées par les joueurs grâce au Lasagnographe du Pr Draw-Draw (alias Quentin Préaud) lors de « L’ouscrapo illustré », un atelier de gravure animé par ce dernier qui leur permet donc de faire évoluer au cours d’une session de jeu, une exposition appelée « l’Exponentielle. »

Une troisième saison (« Panoramique ») a été organisée, elle aussi, avec une touche de nouveauté : Esioc-Narf (Françoise Sourd), dans le rôle d’époustoufleuriste, animant en cours de partie un atelier de « Cadavre-exclus » qui permettra de découvrir des poèmes dénichés, en direct, avec le public, et Marie Bouchacourt, dans le rôle de trait-d’uctrice, donnant figure de manière fulgurante et poétique aux mots issus des parties.

COMPOSITION DE L’OUVRAGE

L’établi des matières, en page 3, décrit la composition du livre. C’est-à-dire : qu’ « il comprend, sous sa couverture, deux marques-pages identiques à découper selon les pointillés », l’un pour marquer une page du Lexique, l’autre, une page du Glossaire-ouvre-moi, et dans son contenu, « l’établi des matières p.3, la préface cache-cachée d’un cosmonaute intérieur p.5, une note de l’éditeur p.9, les règles du joeu de l’Ouscrapo p.11, le guide d’utilisation p.12, le lexique rotatif répertorié alphabétiquement p.13, le Glossaire-ouvre-moi p.141 dont la teinte des pages se rapprochenent du lilas (ou du lis-là), les remer-ciments en courte échelle p.166, la parole est à E. Ratum p.169, le colophon p. 170, et les illustrations auto-collantes p.171 que vous pourrez nicher librement, en cours de lecture, dans les cadres vides envisagés à cet effet ».

Le guide d’utilisation se trouvant en page 12 permet au lecteur de comprendre que les mots soulignés « lui indiqueront que cette définition contient un complément d’information positionné dans les pages de teintes lilas du Glossaire-ouvre-moi qui suit le Lexique », que les mots étoilés lui « indiqueront par leur * qu’ils existent dans le Lexique », et que « parfois, il rencontrera des lettres grasses, qui lui indiqueront la présence d’un contrepet ».

FORME ÉDITORIALE

Au niveau de la forme de ce livre on remarque dèjà la présence de deux papiers diffèrents. Le premier, celui de la couverture est un papier plus épais noir. Cette couverture à été sérigraphiée et imprimée manuellement par Nicolas et Léa aux ateliers Fluo de Grenoble. L’illustration en blanc sur noir reprend l’image d’une partie de jeu d’OUscrapo.Cette couverture contient quatres marques de rainage : deux près de la tranche et deux autres au bord pour replier les rabats. C’est un rabat sans retrait, puisque la page contenant le rabat est au même dimension que les autres pages.

Au niveau de la reliure on se trouve dans le cas typique du dos carré collé, plusieurs cahiers sont assemblés et superpositionnés, la colle est déposé sur la tranche et le tout enveloppé dans la couverture déjà rainée. Le ranage permet une meilleure adhésion pour la reliure ici. Lorsque l’on ouvre le livre, nous pouvons l’ouvrir entièrement et tourner les pages sans une grande délicatesse la reliure étant assez resistante. Ce choix de reliure est surement voulu, car L’encyclopédie d’Ouscrapie est un livre qui doit être assez manipulable puisque le lecteur doit lire les définitions qui se rapporte à d’autres définitions. Durant sa lecture il est donc ammené à manipuler le livre, à tourner les pages dans le sens de lecture, à revenir en arrière, il rentre dans un jeu constant avec l’objet livre. On ne se situe plus dans une lecture linéaire.

A l’intérieur du livre on se retrouve avec deux types de propositions formelles. Le contenu est entièrement imprimé sur du papier Munken Print de 90 grammes faite par l’imprimerie Ravin Bleu à Pantruche mais on retrouve des pages blanches et d’autres roses. Ce rose est un repère visuel, il est assigné au Glossaire. Les pages blanches sont assignés aux définitions, elles reprennent la forme typique de l’Encyclopédie où l’on expose méthodiquement (dans un ordre logique ou formel, ici, alphabétique par ex.) les connaissances dans tous les domaines, ici dans celui de l’Ouscrapie.

Pour insister sur ce coté encyclopédique on remarque que de nombreuses illustrations à consonnance ancienne on été placées dans le livre pour venir soutenir les définitions. Les pages de remer-ciments contiennent d’ailleurs aussi des enluminures qui nous rappelle ce coté encyclopédique. Une des définitions du terme d’encyclopédie est d’ailleurs « ouvrage de référence visant à synthétiser toutes les connaissances pour édifier le savoir et à en montrer l’organisation de façon à les rendre accessibles au public, dans un but d’éducation, d’information ou de soutien à la mémoire culturell. Basé sur des autorités ou des sources valides et souvent complété par des exemples et des illustrations, ce genre d’ouvrage privilégie un style concis et favorise la consultation par des tables et des index ».

NOTES ET LIENS :


Par Sarah Defat et Célia Danna.